Jeudi 27 mai 2010 4 27 /05 /Mai /2010 20:17

Si le poème ne peut pas être une vente au sens strict, s'il se refuse malgré tout à cette réduction, un sourire du vendeur doit y être ajouté, ou quelque chose comme un esprit qui y surviendrait. La théorie du Don est une réponse à la valeur de l'expérience poétique - pour ne pas tenter l'utilité - qui propose ceci : le poème est un don de parole, ou pour mieux dire une dédicace à l'innomé ("à une passante") car inconnu.

Tout à coup se pose le problème Contre-don.

Tels Ubu se faisant apporter la liste de ses biens, faisons-nous apporter, lecteurs, la liste de ce que nous pourrions rendre au poète, sous peine d'être exclus de l'échange et de mériter la guerre. Un homme, que l'on rencontre, aveugle ou myope, dans la rue, et qui nous donne le poème sous forme écrite, sans même reconnaître nos traits, puis qui s'en va, à telle distance que nous ne songeons ni la moindre communication ni le moindre retour : voilà ce qu'est le poète. Il forme le déséquilibre ; quelque chose du temps qu'il a passé pour nous, et des difficultés qu'il a rencontré, nombreuses, est à combler.

(ajouter Panglosse et Création du temps)

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