Partager l'article ! Le même pas être de l'Hypokhâgne mais d'où alors !: Si les gens ne changent pas, au moins on les découvre. ...
Si les gens ne changent pas, au moins on les découvre.
Khôlle de latin. Mes khôlles sont toujours épiques à cause de la tension entre ce que les professeurs me pensent capable et ce que réellement. D'abord, tout paraît ordinaire : je traduis mal, E.L.corrige, tout va sous terre et rentre dans le jeu.
La conversation de l'absence. À force de je crois des sottises répétées au cours, on y croit, on y croit atrocement. Mon seul, disait cette tout de même normalienne, regret est de n'aurais avoir jamais lu vos dissertations. L'HK est une conversation : le professeur questionne en cours, l'élève répond en dissertation. Que voulez-vous faire ? Vous intégrerez. Savez-vous, il y eut des écrivains pour se mettre professeurs de collège, tranquilles, et écrire. Moi mes meilleurs souvenirs d'enseignante furent au collège, même si les inspecteurs lorsqu'ils passaient, se récriaient toujours : quoi ! une normalienne fait cours à des collégiens ! Mais c'est là que j'ai appris ce métier. Oui, même avec les classes les plus ignobles, qui me faisaient des horreurs en cours. Les miens étaient plus calmes que ceux de mon fils, qui est professeur maintenant, mais je comprends que ça fasse peur...
Plusieurs remarques séparées d'un point.
1) La dissertation n'est pas le lieu d'une réponse au cours puisqu'il manque dans la dissertation l'objet fondamental pour l'acte de communication qu'est l'exigence de sincérité et de confiance : une dissertation peut à la fois être tout à fait correcte et n'être absolument pas crue par son auteur ; ces deux éléments ne sont pas liés. Pire encore, il me semble à l'auto-inspection que la dissertation est un divertissement qui nous cache notre ignorance : le plaisir d'expliquer remplace le vide de l'auto-explication qui ne convainc pas. Convaincre autrui (le professeur) sans se convaincre soi : voilà l'amusement que propose une dissertation.
2) Un "mauvais plan", une "faute de français", à proprement parler, cela n'existe pas : la faute est un rapport à l'optimum désiré par le professeur, et donc la dissertation est l'abjecte et tyrannique recherche du nomos de quelqu'un d'autre. Admettons que la dissertation soir une conversation : ce serait celle du courtisan, qui cherche à polir ce qu'il dit pour que sa parole plaise, même si, lui demanderait-on, il dirait bien autre chose, ce courtisan. Et d'abord, il y a autant de langues françaises que de francophones. Lorsqu'un professeur met son sujet sur la table, il n'y a pas un sujet, mais quarante. Moyennant quoi, la note sur vingt est presque aussi ridicule que le classement, qui classe sur des sujets différents. La correction aplatit les différences, les érode.
Je voulais dire ça. Qu'un jour je m'accorderai avec quelqu'un, quelque part. C'est trop tard, l'internat va fermer, mais aussi parler d'Alily.